Von virtuosen Gedichten hin zu grandioser Improvisation

Am Freitag, den 26. Juli ist der Autor Fiston Mwanza Mujila in der Band von Lukas Kranzelbinder bei uns zu Gast. Der kongolesische Schriftsteller - er hat bei Glatt&Verkehrt 2018 bereits eine kleine, umjubelte Veranstaltung mitgestaltet - wurde durch seinen Roman „Tram 83“ schlagartig bekannt. 2018 erhielt der seit langem in Graz lebende Mujila für „Tram 83“ den Peter-Rosegger-Preis und war damit der bislang einzige nicht-österreichische Autor dieser wichtigsten Literatur-Auszeichnung der Steiermark.

Mujilas Schreibstil ist furios, virtuos, immer wieder witzig und liest sich teilweise wie eine Jazz-Improvisation. Auch im Konzert bei uns wird er aus eigenen Texten vortragen, wobei seine Sprachkunst immer wieder wie ein grelles Saxofon-Solo aus der Band aufblitzt.

Köstlich zu lesen sind die drei Gedichte schon vor dem Konzert:

 

L’histoire d’un fleuve

Je bois la bière
Je bois toute la brasserie
Je bois même les bouteilles
Je bois les bâtiments, je bois les voitures, je bois les
machines, je bois la marchandise
ma gueule boit la pourriture

Je bois les fleuves, les lacs et même les petites
rivières de province
Je bois tous les fleuve du monde
Je bois le Yang-tse Kiang

Je bois la Danube
Je bois la Seine
Je bois le fleuve Congo
Je bois le Mississippi
Je bois le Zambèze
Je bois le Nil, l’Amazone, la Casamance, la Saloum, la
Columbia, l’Orénoque, la Rio Grande, L’Amou-Daria, la
Lena, le Tigre
je bois la Charente, la Meuse, le Rhin et la Tamise...
Monsieur Lumumba, je vous bois
Monsieur Lumumba, devrais-je aussi vous boire?
Avec ou sans sucre?
Monsieur Lumumba?
Monsieur Lumumba?
Vous m’entendez-vous, Monsieur Lumumba?
Devrais-je vous boire , Monsieur Lumumba?
Au café au lait?
Monsieur Lumumba, devrais-je vous boire?

 

Die Geschichte eines Flusses

Ich trinke das Bier
Ich trinke die ganze Brauerei
Ich trinke sogar die Flaschen
Ich trinke Gebäude, ich trinke Autos, ich trinke
Maschinen, ich trinke die Waren
mein Schnauze trinkt die Fäulnis

Ich trinke Flüsse, Seen und sogar Nebenflüsse
Ich trinke alle Flüsse der Welt
Ich trinke die Yang-tse Kiang
Ich trinke die Donau

Ich trinke die Seine
Ich trinke den Kongo
Ich trinke den Mississippi
Ich trinke den Sambesi
Ich trinke den Nil, Amazonas, die Casamance, den Saloum, den
Kolumbien, Orinoco, den Rio Grande, die Amu Darya, die
Lena, den Tigerfluss
Ich trinke die Charente, die Meuse, den Rhein
und die Tamise  ...
Herr Lumumba, ich trinke Sie
Mr. Lumumba, darf ich Sie auch trinken?
Mit oder ohne Zucker?
Herr Lumumba?
Herr Lumumba?
Hörst du mich, Mr. Lumumba?
Darf ich Sie trinken, Herr Lumumba?
Mit Kaffee oder Milch?
Herr Lumumba, darf ich Sie trinken?

 

LA NOUVELLE GUINEE

ou la symphonie de la terre enfouie

ce fut un temps béni, de toutes les espérances
de grands rêves et de promesses incommensurables
qui parmi nous se souvient encore?
nous avions un pays vert, vaste
et luxuriant par dessus-le-marché
s’étendant de la Casamance au Cap de Bonne Espérance
du Detroit de Bosphore à Rio de la Plata

et puis, comme frappés de petite vérole et de scorbut
corps avachis, corps estropiés, corps démembrés
corps émasculés, corps privés de bon Dieu
et du breuvage appelé lutuku

corps fatigués par la bilharziose
corps vidés de sang et de sperme
corps de matins crasseux
corps crachés, corps rabougris, corps à bout de souffle
et gémissant jusqu’à cracher sa dernière bave

hideux, corps mal fagotés et brûlés par le soleil tropical
hideux, corps mal fagotés et brûlés par le soleil
hideux, corps mal fagotés et brûlés
hideux, corps mal fagotés et brûlés par le soleil

nous avions pété un câble
et nous avions, d’abord, traité Mvidi Mukulu, l’Esprit-Aîné
de tous les noms d’oiseaux
et ensuite, avec le même élan, nous avions éventré
tous ce que nos pères ont fabriqué à la sueur de leur front
nous avions déglingué ce que nous-mêmes avions échafaudé

et dans ce débâcle généralisé
il ne nous reste que le regret et la nostalgie de la Nouvelle Guinée
la Nouvelle Guinée, celle pour laquelle mon oncle, l’avant-cadet de mes
oncles, Tshimbalanga jouait de sa guitare
des complaintes, entre blues et jazz
des complaintes longues comme la pluie
la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz
la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz
la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz

il ne nous reste que la soif et la nostalgie de la Nouvelle Guinée
la Nouvelle Guinée, celle pour laquelle mon oncle exécutait de sa
guitare des complaintes merveilleuses
entre blues et jazz
la Nouvelle Guinée, enfouie dans les eaux
la Nouvelle Guinée, perdue à jamais
la Nouvelle Guinée, éparpillée dans la mémoire de l’humanité
la Nouvelle Guinée, renaissant de sa propre mort et accrochée à son
destin de lumière
la Nouvelle constituée telle une histoire magnifique
la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz
la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz
la Nouvelle Guinée, celle pour laquelle mon oncle égrenait de sa guitare
des complaintes merveilleuses, entre blues et jazz
la Nouvelle Guinée
la Nouvelle Guinée
le regret, la solitude, la mémoire, la Nouvelle Guinée, si loin, si
proche

la Nouvelle Guinée, la soif, la nostalgie de cette Guinée

la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz
la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz
la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz

la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz
la Nouvelle Guinée, entre blues et jazz

 

NEU-GUINEA

oder die Symphonie der begrabenen Erde

Es war eine gesegnete Zeit, voller Erwartungen
großer Träume und unermesslicher Versprechen
Wer von uns erinnert sich noch?
Wir hatten ein grünes Land, riesig
und üppig zu allem Überfluss
von Casamance bis zum Kap der Guten Hoffnung
von der Meerenge des Bosporus nach Rio de la Plata

und dann, wie erkrankt von Pocken und Skorbut,
schlaffe Körper, verkrüppelte Körper, zerstückelte Körper
entmannte Körper, gotteslose Körper 
ganz ohne das so genannte Lutuku-Gebräu

Ermüdete Körper von Bilharziose 
Leere Körper ohne Blut und Sperma 
Körper von langweiligen Morgen
Bespritzte Körper, verkümmerte Körper, atemberaubende Körper
und stöhnend, bis sie ihren letzten Sabber spuken

scheußlich, von der tropischen Sonne verbrannte Körper
scheußlich, schlecht gebündelte Körper und von der Sonne verbrannt
scheußlich, gebündelte und verbrannte Körper
scheußlich, schlecht gebündelte Körper und von der Sonne verbrannt

Wir sind verrückt geworden
und wir hatten zuerst Mvidi Mukulu, den älteren Geist, beschimpft
und dann hatten wir alles, was unsere Väter mit Mut erarbeitet hatten, mit dem gleichen Elan aufgeschlitzt
wir hatten zerstört, was wir selbst errichtet hatten

und in diesem allgemeinen Chaos
Bleibt uns nur die Sehnsucht und die Nostalgie für Neuguinea
Neuguinea, für das mein Onkel, der Zweitjüngste meines
Onkels Tshimbalanga, auf seiner Gitarre spielte
Die Klagelieder zwischen Blues und Jazz
Klagelieder lang wie der Regen
Neuguinea, zwischen Blues und Jazz
Neuguinea, zwischen Blues und Jazz
Neuguinea, zwischen Blues und Jazz

Es bleibt uns nur Durst und Nostalgie für Neuguinea
Neuguinea, für das mein Onkel wundervolle Klagen mit der Gitarre spielte
zwischen Blues und Jazz

Neuguinea, begraben in den Gewässern
Neuguinea, für immer verloren
Neuguinea, verstreut in der Erinnerung an die Menschheit
Neuguinea, wiedergeboren von seinem eigenen Tod und an seinem strahlenden Schicksal hängengeblieben
Neuguinea geformt als eine so großartige Geschichte
Neuguinea, zwischen Blues und Jazz
Neuguinea, zwischen Blues und Jazz
Neuguinea, für das mein Onkel Gitarre spielte
Wunderbare Klagen zwischen Blues und Jazz
Neuguinea
Neuguinea
Bedauern, Einsamkeit, Erinnerung, Neuguinea, so weit, so nah
Neuguinea, Durst, Nostalgie nach diesem Guinea

Neuguinea, zwischen Blues und Jazz
Neuguinea, zwischen Blues und Jazz
Neuguinea, zwischen Blues und Jazz
Neuguinea, zwischen Blues und Jazz
Neuguinea, zwischen Blues und Jazz

 

Kasala pour moi-même

j'ai décidé d’être heureux
de danser la rumba jusqu'à l'usure
de reprendre tous mes noms, bricoles d'antan
de demeurer l'enfant de la mine et du chemin de ferla mémoire familiale épousant la locomotive
l'exil dans l’œuf, l’éternelle solitude

j'ai décidé d’être insolent et désagréable
de cracher dans la soupe de ceux qui arrachent les dents à la viede pisser sur leur prétendue bonne foi
de glousser en guise d'insolence
et de me repentir, par la suite, auprès de l’Esprit-Ainé
combien de temps résisteront-ils?
déjà, ils ont fait de ce pays un mouroir

j'ai décidé de formuler des rêves
aussi vastes, aussi colorés, aussi grandiloquentsque l'espérance
des rêves somptueux 
aussi baveux que la pluie tropicale
la seule éructant la malédiction
renversant tout sur son passage
et furieuse et éternelle et digne de délugequoiqu'on ne fera plus pénétrer dans l'Arche
le couple de tous les animaux purs
le mâle et la femelle

j'ai décidé de demeurer l'enfant du Zaïre
de fabriquer des voitures à l'aide des boites de conserveou des cerfs-volants à partir des sachets
d'y accrocher un long fil
et de courir dans le soleil, de courir et de courirjusqu'à ce que l'engin gagne le ciel...

lorsque le fil de raphia se rompait
le cerf-volant zigzagant se perdait dans le firmamentil ne nous restait qu'un sentiment de regret

j'ai décidé encore de rêver 
non pas de marcher sur la lune
ou d'inventer une énième arme chimique
mais d'ouvrir une espèce de bar merveilleux
d'y bazarder non pas l'ivresse ou une quelconque beuveriemais l’espérance

j'ai décidé d’être l'homme-orchestre de mon destinmoi-même à la batterie: KENNY CLARKE
moi-même à la trompette: MASEKELA
moi-même au piano: TAPSCOTT

moi-même à la contrebasse: MINGUS
moi-même au saxophone: SANDERS
voix de MAKEBA en surplus 
de me trémousser de l'aube à l'aube
et de fredonner pour ma mère, MA’NANGA, et les étoilesl'Indépendance cha-cha

Kasala für mich selbst

ich habe beschlossen glücklich zu sein
Rumba zu tanzen bis zum Verschleiß
mir all die Namen wieder zu geben, das alte Klimbim
das Kind von der Mine zu bleiben
und das von der Eisenbahn
denn die familiäre Erinnerung führt eine Lokomotive heim Exil im Ei, ewige Einsamkeit

ich habe beschlossen, frech und unbequem zu sein
denen in die Suppe zu spucken, die dem Leben die Zähne aus- reißen auf ihre angebliche Rechtschaffenheit zu pissenunverschämt loszuprusten
und es anschließend vor dem Ahnengeist zu bereuen
wie lange halten sie noch durch?
haben sie doch aus diesem Land schon einer Sterbeanstalt ge- macht

ich habe beschlossen, Träume in Worte zu fassen so weit, so bunt, so hochtrabend
wie die Hoffnung
prächtige Träume

geifernd wie der Tropenregen
er spuckt als Einziger Verwünschungen aus
und stürzt im Vorüberziehen alles um
zornig und ewig und sintflutwürdig
auch wenn keine Arche mehr je ein Pärchen aller reinen Tieren aufnimmt
ein Männchen und ein Weibchen

ich habe beschlossen, das Kind aus Zaire zu bleiben Autos zu basteln aus alten Konservendosen
oder Drachen aus Plastiktüten
eine lange Schnur daran zu knüpfen

und in der Sonne loszulaufen, zu laufen und zu laufenbis das Gerät den Himmel erreicht ...
wenn die Bastschnur riss
und sich der Drachen im Zickzackflug am Firmament verlor blieb uns nichts als ein Gefühl des Bedauerns

ich habe auch beschlossen zu träumen
nicht davon, über den Mond zu spazieren
oder die x-te chemische Waffe zu erfinden
sondern eine wundervolle Bar zu eröffnen
und dort keinen Rausch oder keinen Suff zu verdicken sondern die Hoffnung

ich habe beschlossen, das Ein-Mann-Orchester meines Schicksals zu sein

ich selbst am Schlagzeug: KENNY CLARKE
ich selbst an der Trompete: MASEKELA

ich selbst am Klavier: TAPSCOTT
ich selbst am Kontrabass: MINGUS

ich selbst am Saxophon: SANDERS

dazu MAKEBAS begnadete Stimme

und für meine Mutter MA’NANGA
und die Sterne vom Himmel zu trällern
die Unabhängigkeit Cha-Cha-Cha

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